Souvenirs d'Argentine

Te quiero, Argentina


Album de photos

Chats et chiens de Buenos Aires

 

La première fois que je me suis rendu compte de la présence des chats portègnes, c'est en passant devant le Jardin Botanique, avenida Santa Fe. Les trois enfants qui nous accompagnent dans la voiture, supplient à grands cris leurs parents de s'arrêter pour rendre visite aux chats. Je n'ai pas compris, sur le moment, pourquoi ceux-ci n'ont pas accepté une invitation aussi pressante, esquivée en prétendant que nous avions déjà dépassé l'entrée, Plaza Italia. De ce fait, je n'ai pas de témoignage photographique de ces chats-là.

La seconde fois, c'est à la Plaza Miserere, où nous avons abouti par hasard, à la sortie d'un hôpital, l'Hospital Francés, que je ne vous recommande pas : j'ai rarement eu autant honte de mon pays, qu'après avoir pu comparer l'hôpital français avec l'allemand. Mais basta, revenons à la Plaza Miserere. Ce curieux nom vient d'une Quinta Miserere, qui existait à cet endroit vers 1820, nommée ainsi à cause du psaume du même nom ?

On trouve sur cette place la gare Once (trains en direction de Mercedes et Lobos), mais aussi le monument à Bernardino de la Trinidad Gónzalez Rivadavia y Rivadavia, le premier président de la République d'Argentine entre 1826 et 27. Il n'a, me semble-t-il, pas laissé un souvenir inoubliable, mais il a pourtant sa rue dans toutes les villes du pays, probablement pour le simple fait d'avoir été le premier. Celle de Buenos Aires passe devant son monument. Ses cendres y ont été déposées en 1932, bien qu'il ait expressément demandé dans son testament que l'on ne l'enterre pas à Buenos Aires. Je n'y ai pas jeté un regard, fasciné par les chats qui le gardaient.

Le monument est entouré d'une épaisse grille qui les protège, d'où leur comportement nonchalant, même lorsque je me suis approché pour les photographier. Ils paressent à l'ombre en dégageant une odeur pas très ragoûtante. Bien qu'ils aient l'air plutôt heureux, ils sont maigres, sales et pelés (d'où la réaction négative des parents mentionnée plus haut). Pourtant, la présence d'un récipient indique que quelqu'un leur apporte quelque chose. Ce mystère non résolu en cache un autre : comment se fait-il que la ville de Bs As tolère cette occupation ?

Un peu plus tard, la même découverte se répète, mais cette fois, non pas dans un quartier populaire, mais dans le très exclusif cimetière de La Recoleta, avec le même dispositif : épaisse grille et récipients destinés à la survie. A partir de là, j'ai cessé de m'intéresser à la race féline, en considérant que ses représentants prolétarisés faisaient partie de l'environnement urbain.

Comme les chiens. Mais sans mystère, et avec une différence fondamentale : les dogsitters. Il aurait été fastidieux de photographier les innombrables jeunes gens qui guident un bouquet de chiens de taille, de race et d'âge totalement hétérogènes dans les rues et les parcs des quartiers résidentiels. C'est toujours le même scénario : un ou deux jeune(s) homme(s) et/ou jeune(s) fille(s) tenant entre 5-6 jusqu'à une vingtaine de clébards au bout de leurs laisses. Ce qui est surprenant est que ces animaux souvent bruyants et hostiles quand ils rencontrent en tête-à-tête un congénère, suivent assez sagement leur dogsitter sans se rebeller, sans se laisser tirer et sans aboyer, comme si l'effet de meute agissait sur leur comportement. Une autre question à laquelle mon observation fugitive ne m'a pas permis de répondre est comment se résout le délicat problème du ramassage des crottes avec un pareil éventail de quadrupèdes.

Je n'ai pas non plus vérifié dans les petites annonces si l'on peut y recruter des dogsitters, j'ignore combien on les paie, je ne sais pas s'il existe des micros entreprises qui organisent la relation entre les maîtres et les postulants. Je me permets pourtant de suggérer que cette fonction éminemment utile à la société pourrait résoudre deux problèmes lancinants dans les pays développés : le chômage des jeunes et l'extrême lassitude des propriétaires de chiens confrontés à l'obligation de sortir les promener deux fois par jour et par n'importe quel temps.

Chats de la Plaza Miserere Idem, de plus près Chats du cimetière de La Recoleta Chiens Plaza Francia

31 mai 2006


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