Souvenirs d'Argentine
Te quiero, Argentina
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Curieuse rencontre de l'histoire, cette petite ville (6000 habitants), qui porte le nom du croiseur "General Belgrano", coulé par les Anglais au cours de la guerre des Iles Malouines, doit son décollage économique aux marins allemands du cuirassé Graf Spee, qui s'y sont installés après que leur bâtiment ait été sabordé... par son capitaine, pour qu'il ne tombe pas aux mains de ces mêmes Anglais, 43 ans auparavant. Ce centre de villégiature a la particularité d'avoir une importante population d'origine germanique - allemande, autrichienne et suisse - qui a transporté et maintient beaucoup de ses traditions, parmi lesquelles l'Oktoberfest ou fête de la bière, la fête de la pâtisserie viennoise, la fête du chocolat alpin, la fête de Noël et le carnaval tyrolien. Il n'y a aucun doute à avoir sur ce point quand nous nous arrêtons à l'entrée de la ville, devant le restaurant où nous allons déjeuner : Bierkeller, avec une énorme bouteille de bière comme point de repère. Le décor intérieur évoque irrésistiblement la Bavière et la seule chose qui détonne est que la serveuse, malgré son physique et son costume, parle espagnol. Nous choisissons une des spécialités de la maison : costeleta de cerdo ahumado con chucrut (côtelette de porc fumé avec choucroute), et une pression Isenbeck, petite, pour ne pas dormir toute l'après-midi. On nous lâche dans la rue principale, avec la tour de la mairie en arrière-plan, à l'heure la plus chaude de la journée, mais grâce à la Gemütlichkeit ambiante, aux arbres, aux tentes des magasins, l'expérience se révèle plutôt agréable. On peut admirer tranquillement les innombrables sculptures sur bois dont voici un échantillon :
L'illusion serait parfaite, s'il n'y avait les poteaux électriques avec des échevaux de fils. Ici, pas plus que dans le reste de l'Amérique latine, on ne pense à les enterrer. Ce baromètre géant m'a amusé, parce que c'est l'homme qui amène le beau temps et la femme, la pluie. J'y ai d'abord vu une forme de machisme - ce sont les femmes qui créent les emmerdements - mais, à la réflexion, à part pour les touristes, la pluie n'est pas qu'un inconvénient, elle est source de vie. La prochaine étape est Santa Rosa de Calamuchita, un autre centre de villégiature populaire, où nous profitons de la rivière et de ses rives boisées, sans nous arrêter en ville. Retour à Córdoba par un autre lac de barrage, le Rio Tercero. Demain, départ pour Salta.
16 juin 2006 |